L’ÉTIREMENT MUSCULAIRE

L’ÉTIREMENT MUSCULAIRE

Dès que les muscles commencent à  » tirer « , il faut se détendre et ne pas laisser s’installer leur réaction de défense.

Dans les asanas yogiques, les muscles sont délibérément placés dans une situation exceptionnelle, voire anormal, ce qui n’est  cependant pas synonyme d’antiphysiologiques,au contraire. En effet, l’état dans lequel les muscles doivent se trouver pendant le maintient d’une asana est fondamentalement différent de toutes les situations rencontrées dans la vie courante, que ce soit dans le sport, la gymnastique, le travail ou même le repos.

Pour saisir la différence qui existe entre ces activités et les asanas yogiques, posons naïvement la question : quelle est la caractéristique essentielle du tissu musculaire ? La contractilité bien sur ! C’est parce qu’il peut se raccourcir que le muscle met le squelette en mouvement ( nous considérons ici que les muscles volontaires attachés au squelette ). Quel que soit le mouvement exécuté, il est nécessairement provoqué par la contraction d’un ou de plusieurs muscles. Or, dans le yoga et dans le yoga seulement, les muscles sont systématiquement étirés. Cet étirement est une caractéristique essentielle des asanas par opposition à toutes autres activités physiques, à tout travail. Du sommeil profond à l’effort le plus intense, le muscle n’oscille jamais qu’entre une détente aussi totale que possible et une contraction maximum, du moins dans les circonstances usuelles.

 

LES LIMITES DE L’ÉLASTICITÉ

Outre sa contractilité, le muscle est élastique, mais son élasticité est bien différente de celle du caoutchouc, par exemple, qui se laisse étirer jusqu’au point de rupture. Le muscle a une limite habituelle d’élasticité, et dès qu’on approche de cette frontière, une résistance croissante se manifeste. Tous les mouvements qu’ils soient rapides ou lents, se situent dans cette zone d’élasticité habituelle du muscle, et c’est elle qui détermine le degré de souplesse ou de raideur d’un individu. Les asanas yogiques visent toutes à étirer un ou plusieurs groupes musculaires bien-au-delà de leur limite d’élasticité normale. Certaines conditions d’exécution des asanas vont donc découler des propriétés du muscles placés dans cette situation très particulière. Le muscle accepte de transgresser cette, frontière, mais sous certaines conditions :

  • qu’on le persuade de se détendre ;
  • qu’on lui accorde le temps nécessaire ;
  • qu’on le protège contre tout mouvement brusque pendant cet étirement.

 

DÉTENDRE LE MUSCLE

Lorsqu’il arrive à sa limite d’élasticité coutumière, sa tendance normal est de se mettre en état de défense, de se contracter pour se protéger. Cette réaction naturelle de défense doit être éviter et ne peut l’être que par la décontraction volontaire. Dans la pratique des asanas, dans la posture de la pince par exemple, tr`s rapidement on arrive au bout de la flexion, et si l’on insistait pour aller plus loin, la sensation d’étirement déborderait bientôt dans la douleur. Dès que le muscle commence à » tirer », il faut se détendre et ne pas laisser s’installer leur réaction de défense. Lorsque la résistance à l’étirement est perçue, il est permis d’aller jusqu’à la » douleur agréable », c’est -à-dire jusqu’à cette sensation non douloureuse, mais qui deviendrait douloureuse si l’on forçait à ce moment là. Il faut donc, calmement, s’intérioriser dans les muscles qui se rebiffent et les persuader de se détendre.

 

PRENDRE LE TEMPS NÉCESSAIRE

Il faut exclure toute hâte de la pratique du yoga. À l’intérieur de ses limites d’élasticité habituelles, le muscle change presque instantanément de longueur. parvenue à sa limite, il accepte de se laisser étirer à condition d’être détendu, ce qui n’est possible que si le temps voulu lui est accordé. Cela inclut une traction douce et continu s’étendant sur une période de plusieurs dizaines de secondes au minimum.