L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit.

L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit.

L’enfant est une personne
« Quand je serai grande, je tâcherai de me souvenir de comment c’est quand on est petit. » Le nouveau-né aspire d’abord à communiquer, ses désirs, indépendants de ceux d’un adulte, sont aussi respectables. Chaque enfant est doté d’un savoir, même confus ou ignoré, le guidant sur son chemin quel qu’il soit, dès lorsqu’il trouve un équilibre. Mais ce respect d’un choix de vie est surtout une éthique, faisant parfois scandale dans une société habituée à considérer que l’enfant n’a de la valeur que par ce qu’il peut devenir, pourvu qu’il soit assez « sage » et suive sa vocation : satisfaire ses parents.
Tout est langage
A la différence de l’animal, chez l’être humain tout « veut dire ». Les gestes les plus absurdes ont un sens, font partie d’un langage symbolique à travers lequel se tisse « la fraternité d’espèce ». Parler, s’exprimer, permet de marquer sa différence vis-à-vis d’un autre (avant tout de sa mère), pour mieux partager avec lui des émotions, des souvenirs, des idées.
Le “parler vrai”
‘Encore faut-il parler « avec » l’enfant et pas seulement « à » l’enfant. Surtout, lui « parler vrai ». « On ne peut pas mentir à l’inconscient, il connaît toujours la vérité », insistait la psychanalyste. Dès les premières heures, un enfant décèle l’accent de vérité (« la coïncidence entre ce que l’on dit et ce que l’on éprouve »), et il en a besoin pour ce qui concerne ses origines, l’histoire familiale, afin que vitalité biologique et vitalité sociale concordent.
La crise d’adolescence
L’enfant se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre. Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même. Mais « ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant ». Les parents devraient donc voir les crises explosives comme une preuve qu’ils ont rempli leur contrat, les repères éducatifs s’avérant suffisamment souples pour « sauter » au bon moment.
A l’inverse, si les parents sont trop rigides, l’ado restera prisonnier de sa carapace et désarmé face à la dépression.
L’image inconsciente du corps
La psychanalyste, en l’occurrence des dessins d’enfants qu’elle recevait représentent en fait leur propre corps, un corps parfois aberrant, fantastique, en un mot imaginaire, figurant leurs désirs, leurs manques, leurs rapports avec les autres.
Le corps imaginaire est notre premier moyen d’expression, un langage symbolique, toujours mystérieux. C’est à travers cette vision du corps que la dimension éthique et poétique se révèle avec le plus de force. Car on peut appeler le respect de ce mystère-là chez l’autre par un autre nom : liberté.