La leçon de la relation avec l’autre

La leçon de la relation avec l’autre

Nous souhaitons que l’autre « répare » notre vie, qu’il nous apporte ce dont nous manquons : courage, sérénité, joie, … S’il ne nous l’apporte pas – c’est- à-dire, si nous manquons de courage, si nous sommes anxieux, si nous sommes tristes , nous lui en faisons le reproche.
Nous allons chercher chez l’autre ce qui ne s’y trouve pas : le comblement de nos manques. Nous faisons porter à l’autre une responsabilité qui non seulement n’est pas la sienne – il a déjà bien assez à faire avec lui-même –, mais qu’en plus il ne pourra pas assumer, car la solution n’est pas chez lui. Trouver l’homme ou la femme « de votre vie » ne résoudra pas vos problèmes, vos manques, vos attentes, vos fragilités.
Au lieu de chercher quelqu’un à aimer, mieux vaut s’efforcer de se rendre digne d’être aimé. Il est tout à fait normal de vouloir avoir quelqu’un dans sa vie, mais il y a une différence entre le désir de trouver l’amour et celui de trouver quelqu’un qui comble ses propres manques. Prendre conscience de cet écart est nécessaire pour sortir des relations fusionnelles où ni l’un ni l’autre n’existe pour ce qu’ils sont. Il est inutile d’attendre que les choses viennent de l’extérieur, car vous êtes déjà « complet ».
On commet en fait toujours à peu près toujours le même type d’erreurs :
• erreur bienveillante : je crédite l’autre d’être capable de m’apporter ce que je n’ai pas, ce que je ne suis pas (ce que je crois ne pas être ou avoir)
• erreur malveillante : l’autre a un problème, ce n’est pas moi.
On pense parfois que pour être heureux, il faut changer l’autre pour qu’il convienne. Grosse illusion. Le bonheur ne dépend pas d’une amélioration de notre relation, mais du regard que nous portons sur celle-ci. Changer l’autre est impossible, et qui plus est, pourquoi vouloir le changer alors que nous souhaitons, nous, ne pas changer et être accepté pour ce que nous sommes ?
Beaucoup de gens préfèrent se débarrasser de leur partenaire plutôt que de s’interroger sur ce qu’ils sont. L’inverse est aussi vrai : parfois, nous refusons de mettre un terme à une relation :
• nous pensons que nous pouvons changer l’autre ;
• nous refusons de changer nous-mêmes ;
• nous pensons que tout peut s’arranger avec le temps.
La relation à l’autre représente pourtant une occasion unique de découvrir nos problèmes et notre réalité. Cela ne signifie pas qu’il faille poursuivre une relation coûte que coûte, mais avant de la clore, s’est-on bien interrogé sur les causes : est-ce l’autre ? la relation ? ou soi. Un regard trop exigeant sur l’autre nous détourne de notre véritable objet : nous-mêmes.
La seule personne que nous contrôlons, c’est nous-même ; la seule personne que nous pouvons faire changer, c’est nous-même.