La leçon du pouvoir

La leçon du pouvoir

Sur une propriété privée, nous n’hésitons pas à mettre un panneau indicateur afin de prévenir les gens qu’ils sont sur un terrain qui ne leur appartient pas. Il devrait en être de même pour nous. Il nous faut réaffirmer de temps à autre les limites de notre intégrité, en disant « non », ou « tu me blesses »… Si nous ne le faisons pas, nous ne pouvons pas reprocher après aux autres de ne pas savoir qu’ils sont sur un terrain qui ne leur appartient pas. C’est de notre responsabilité de retrouver notre pouvoir.

Une histoire raconte qu’un homme plein de sagesse connaissait la richesse et le bonheur. Alors qu’il traversait une période financièrement difficile, on lui posa la question : « qu’est-ce que ça vous fait d’être pauvre ? » Il répondit : « je ne suis pas pauvre, je suis fauché. La pauvreté est un état d’esprit, et moi je ne serai jamais pauvre. » La prise de conscience de sa propre valeur est le début de la richesse. Quand on accompagne des mourants, beaucoup disent : « je n’ai pas fait ce que je voulais faire », ou « je regrette de ne pas m’être débarrassé de ma peur de manquer », « j’aurais aimé passer plus de temps avec mes amis ». On n’en entend aucun dire : « je regrette de ne pas avoir passé assez de temps au bureau », « j’aurais été plus heureux si j’avais gagné plus d’argent. »

Pourquoi le futur semble-t-il offrir plus de possibilités de bonheur que le présent ? C’est parce que nous nous leurrons au grand jeu du « toujours plus », de « l’herbe du voisin est toujours plus verte », et de « demain sera mieux », bref la fuite dans l’ailleurs. Cette fuite nous prive de notre pouvoir et nous condamne à une insatisfaction permanente. Si nous obtenons ce que nous voulons, au bout de quelque temps, nous sommes encore plus malheureux car, bien sûr, cela ne suffit pas à notre bonheur. Les mourants ne peuvent pas jouer au jeu du « toujours plus », car ils n’ont pas d’avenir. Alors ils découvrent le pouvoir du présent.

Si vous ne savez pas apprécier ce que vous avez aujourd’hui (conjoint, maison, enfants, travail, etc.), par quel miracle intérieur serez-vous capable de le faire demain ? Vous ne le serez pas, car vous n’aurez jamais fait travailler votre « muscle de la gratitude », celui qui fait dire merci à la vie et à ses richesses, celui qui fait voir le beau, la joie et l’amour. Et vous continuerez à dire : « demain, quand mes enfants seront grands… quand mon mari / ma femme aura changé… quand nous gagnerons plus d’argent… quand… quand…, alors je pourrai être heureux. » Et ce « quand » ne vient jamais.