EN PRATIQUE COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL RESTER IMMOBILE ?

EN PRATIQUE COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL RESTER IMMOBILE ?

La durée de l’immobilité est un des facteurs qui détermine le degré d’intensité d’une asana, beaucoup plus que l’intensité extérieure, c’est -à dire l’exécution plus ou moins poussée de l’asana. Alors que celle-ci dépend de la souplesse de chaque adepte, le degré d’intensité des asanas conditionné par la durée est identique pour tous les adeptes, débutants ou avancés. À nouveau, chacun se retrouve exactement dans la même situation, rencontre les mêmes obstacles et récolte les mêmes bénéfices. Nous distinguons approximativement quatre paliers d’intensité croissante liés au temps de maintien des postures.

DEGRÉ INFÉRIEUR :

C’est le minimum pour qu’une posture corporelle mérite d’être nommée » asana », c’est-à-dire pour qu’elle devienne autre chose qu’une activité physique ordinaire. C’est la zone dans laquelle se situent la plupart des adeptes occidentaux, en dessous de laquelle il ne faudrait pas descendre, sauf pour des asanas comme la sauterelle, encore que certaines de ses formes permettent d’augmenter la durée d’immobilisation au-delà de cette limite (demi-sauterelle avec appui)

DEGRÉ MOYEN : SEMI-ENDURANCE (2 à 5 minutes)

La durée de l’immobilisation est prolongée graduellement en ajoutant chaque semaine quelques seconds à la durée e maintiens des postures. On accède ainsi à des durées de 2 à 5 min, qui peuvent déjà paraître, à première vue, assez importantes pour des adeptes occidentaux. En fait une posture devient souvent beaucoup plus confortable au-delà de la deuxième minute que pendant la première. Ce qui est plus ardu, c’est de ne tolérer aucun mouvement parasite du corps, aussi minime soit-il (pas même de bouger légèrement la tête ou les yeux, par exemple, pendant toute la posture : ce n’est pas le corps qui réclame du mouvement, c’est le mental qui s’impatiente ! et nous verrons par la suite comment vaincre cet obstacle) L’adepte occidental devrait cependant se proposer comme objectif de se pratiquer chaque jour au moins une ou deux postures de sa série en semi-endurance.

DEGRÉ SUPÉRIEUR : TRAVAIL EN ENDURANCE (de 5 à 15 minutes)

À ce niveau, l’adepte prolonge, toujours progressivement, la durée de maintien des asanas jusqu’à atteindre dix ou quinze minutes. Pour certaines postures, le confort diminue vers la fin de l’asana et exige un certain effort de volonté. C’est à peu près le maximum qu’un Occidental peut se permettre sans surveillance directe et sérieuse d’un maître qualifié.

DEGRÉ MAXIMUM : TRAVAIL DE VOLONTÉ (jusqu’à.. 3 heures !)

Au-delà de 15 à 20 minutes, on entre dans la phase de volonté. Elle s’étend jusqu’à 1 heure ou plus… Dans les anciens traités de yoga tels que le Hatha yoga Pradipika, la Gheranda Samhita il est mentionné qu’une asana n’est réellement acquise que si l’on est capable de la tenir durant…. 3 heures ! Il serait intéressant de parler de ce qui peut se produire dans ces durées (exceptionnelles à notre époque), tant sur le plan physiologique, que sur le plan psychologique. La posture marque profondément le fonctionnement du mental. Nous citons ce cas pour être complets, car en pratique il ne se présentera presque jamais en Occident.